Ce dont votre corps a besoin à chaque repas

Votre corps ne compte pas les calories : il a besoin de matériaux et de carburant. Chaque famille d’aliments joue un rôle différent, et aucune n’est « mauvaise ».

Les protéines : bien plus que des muscles

On les associe souvent aux muscles, mais leur rôle va bien au-delà : les protéines interviennent dans de très nombreux mécanismes de votre corps.

  • Elles participent à l’entretien et à la réparation de vos muscles, de votre peau, de vos cheveux et de vos os.
  • Elles fournissent les acides aminés qui servent à fabriquer de nombreuses hormones, des enzymes, des anticorps et des neurotransmetteurs, ces messagers qui jouent sur l’humeur, la concentration et le sommeil.
  • Elles sont très rassasiantes : un repas qui en contient assez vous évite souvent la fringale deux heures plus tard.

Où les trouver : œufs, poisson, viande, laitages (yaourt, fromage blanc, fromage), légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), tofu.

Le piège fréquent : un petit-déjeuner ou un déjeuner sans protéines, composé uniquement de pain, de céréales, de viennoiseries ou de pâtes. On a faim en milieu de matinée, et l’on se rattrape sur le grignotage.

La solution : ajoutez une source de protéines à chaque repas, même simple : un œuf ou un yaourt grec le matin, des pois chiches ou du thon dans la salade du midi, un peu de fromage ou de jambon dans le sandwich.

Les légumes et les fruits : fibres, vitamines et minéraux

Ils forment la moitié de l’assiette, et ce n’est pas un hasard : leur rôle est immense.

  • Leurs fibres participent au bon fonctionnement du transit et à la sensation de satiété.
  • Elles nourrissent aussi votre microbiote intestinal, ces milliards de bactéries qui vivent dans votre intestin et sont étroitement liées à votre immunité.
  • Ils apportent des vitamines, des minéraux et des antioxydants, indispensables à des centaines de réactions dans votre corps : énergie, immunité, système nerveux, os, peau… Le magnésium, à lui seul, participe à plus de 300 réactions enzymatiques.

Cru, cuit, surgelé ou en conserve : tous ne se valent pas

  • Cru, un légume garde toutes ses vitamines sensibles à la chaleur, comme la vitamine C. Mais certains nutriments sont mieux assimilés cuits, comme le lycopène de la tomate.
  • Cuit, préférez une cuisson courte et douce (vapeur, poêlée rapide, four) plutôt qu’une longue ébullition, qui fait fuir une partie des vitamines dans l’eau.
  • Surgelé nature, il est souvent cueilli à maturité et congelé rapidement : il conserve bien ses vitamines. C’est un excellent allié du quotidien.
  • En conserve, une partie des vitamines est perdue à la stérilisation, et il y a parfois du sel ajouté. C’est pratique en dépannage ; rincez les légumineuses avant de les utiliser.

Où les trouver : tous les légumes et les fruits, en variant les couleurs : chaque couleur apporte des composés différents. Les fruits entiers plutôt qu’en jus, qui perdent leurs fibres.

Le piège fréquent : des repas où le légume est absent, ou réduit à une feuille de salade décorative.

La solution : visez des légumes à chaque repas, en alternant cru et cuit, et gardez toujours des légumes surgelés nature au congélateur pour les soirs pressés.

Les féculents : l’énergie de la journée, de préférence complets

Les glucides sont le carburant principal de votre cerveau et de vos muscles. Les supprimer est une fausse bonne idée : c’est souvent la porte ouverte à la fatigue et aux envies de sucre.

  • Ils apportent l’énergie dont vous avez besoin pour la journée.
  • Dans leur version complète, ils gardent l’enveloppe du grain : beaucoup plus de fibres, de vitamines du groupe B et de minéraux comme le magnésium.
  • Grâce à ces fibres, l’énergie est libérée plus progressivement : moins de coups de barre, et une satiété qui dure plus longtemps.

Où les trouver : pain complet ou au levain, riz complet ou semi-complet, pâtes complètes, quinoa, flocons d’avoine, légumineuses, pommes de terre et patates douces (avec la peau, quand c’est possible).

Le piège fréquent : des féculents raffinés (pain blanc, pâtes et riz blancs, céréales sucrées) qui occupent toute l’assiette, sans légumes ni protéines pour les accompagner.

La solution : passez progressivement au complet, un produit à la fois : le pain d’abord, puis les pâtes ou le riz. Le goût s’apprivoise vite, et un quart de l’assiette suffit le plus souvent.

Les graisses : indispensables, à condition de bien les choisir

Les graisses ont longtemps été diabolisées. Pourtant, les bonnes graisses sont indispensables à votre santé : tout l’enjeu est de savoir les distinguer.

  • Elles participent à la construction de chacune de vos cellules et au fonctionnement de votre cerveau.
  • Elles permettent d’absorber certaines vitamines (A, D, E, K) et de fabriquer certaines hormones.
  • Les oméga-3, que votre corps ne sait pas fabriquer, doivent être apportés par l’alimentation : ils contribuent notamment au bon fonctionnement du cerveau et du cœur.

Bonnes graisses et graisses à limiter

  • À privilégier : les huiles de colza, de noix et d’olive, les noix, amandes et graines, l’avocat, les petits poissons gras (sardines, maquereau, saumon).
  • À limiter : les graisses saturées en excès (charcuterie, fritures, produits très gras).
  • À éviter autant que possible : les graisses « trans » et les graisses cachées des produits ultra-transformés (biscuits, viennoiseries industrielles, plats préparés). Sur l’étiquette, méfiez-vous de la mention « huile partiellement hydrogénée ».

Où les trouver : voir la liste ci-dessus : l’huile de colza et l’huile de noix sont parmi les plus riches en oméga-3, idéales en assaisonnement.

Le piège fréquent : supprimer toutes les graisses par peur de « grossir », tout en consommant sans le savoir les graisses cachées des produits transformés.

La solution : gardez une à deux cuillères d’huile de qualité par repas, mangez du poisson gras une à deux fois par semaine, et cuisinez davantage maison pour savoir quelles graisses vous mangez.

L’eau

Elle est souvent oubliée, et pourtant une légère déshydratation peut se confondre avec la fatigue ou la faim. L’eau reste la boisson de référence, tout au long de la journée.

Le repère de l’assiette, sans peser ni compter

Pour composer un repas, imaginez votre assiette divisée en trois :

  • la moitié en légumes, crus ou cuits ;
  • un quart en protéines ;
  • un quart en féculents, de préférence complets ;
  • avec une cuillère de matière grasse de qualité pour la cuisson ou l’assaisonnement.

Ce repère n’est pas une règle à respecter au gramme près, et il n’oblige pas à calculer les calories de ses repas. Les quantités dépendent de votre faim, de votre activité et de votre journée : quelqu’un qui marche beaucoup ou fait du sport aura besoin de plus de féculents ce jour-là. Le repère sert surtout à vérifier, d’un coup d’œil, qu’il ne manque rien.

Écouter son corps et sa faim

Le repère de l’assiette donne la composition ; c’est votre faim qui donne la quantité. Apprendre à l’écouter fait partie de l’équilibre :

  • Avant de manger, demandez-vous si vous avez vraiment faim, un peu, ou pas du tout.
  • Pendant le repas, mangez assis et sans écran, en prenant le temps : il faut une vingtaine de minutes pour que le signal de satiété arrive.
  • Après, ajustez le repas suivant : un déjeuner copieux appelle un dîner plus léger, une journée très active demande davantage.

L’équilibre ne se joue pas sur un repas, mais sur la journée et sur la semaine. Il se trouve en écoutant votre corps, pas en suivant une portion imposée.

Il fonctionne aussi pour les plats « tout-en-un » : dans des pâtes à la bolognaise, un curry ou une salade composée, demandez-vous simplement où sont les légumes, où est la protéine, où est le féculent, et ajoutez ce qui manque.

Et le plaisir dans tout ça ?

Une assiette équilibrée n’a rien d’une assiette triste. Le plaisir n’est pas un écart à l’équilibre : il en fait partie, et c’est lui qui permet de tenir dans la durée.

  • Misez sur le goût : épices, herbes fraîches, ail, citron, sauce soja, pesto, un peu de parmesan ou de fromage râpé transforment un plat simple.
  • Jouez sur les textures : des légumes rôtis au four plutôt que bouillis, des graines ou des noix grillées pour le croquant, une sauce au yaourt pour l’onctueux.
  • Gardez les plats que vous aimez : pizza, burger, tacos, gratin… Faits maison ou rééquilibrés (plus de légumes, une bonne protéine), ils ont toute leur place.
  • Prévoyez un dessert si vous en avez envie : des fruits avec du fromage blanc et du miel, un carré de chocolat noir, une part de gâteau maison le week-end.

Rééquilibrer ses repas : exemples concrets

Rééquilibrer ne veut pas dire changer de repas, mais souvent ajouter ou remplacer un élément.

Repas fréquentCe qui manque souventVersion rééquilibrée
Café et tartines de pain blanc à la confiture, ou viennoiserie au bureauProtéines, fibresTartines de pain complet, fromage frais et un peu de confiture, ou yaourt grec aux fruits et granola
Sandwich jambon-beurre, chips et sodaLégumes, fibresSandwich au pain complet avec crudités, un fruit à la place des chips, de l’eau pétillante citronnée
Salade verte seule le midi, « pour faire attention »Protéines, féculentSalade composée avec poulet ou feta, quinoa, avocat, graines grillées et une bonne vinaigrette
Plat préparé du supermarché réchauffé au micro-ondesLégumes, souvent protéinesUn bowl préparé la veille : riz, poulet ou pois chiches, légumes rôtis, sauce au yaourt. Aussi rapide à réchauffer, bien plus gourmand
Plateau télé devant l’écran : chips, biscuits apéritifs, reste de pizzaTout, et l’attentionUne planche à partager, mangée à table : crudités et houmous, pain complet, œufs durs ou saumon fumé, un peu de fromage, des fruits
Menu fast-food : burger, frites, sodaLégumes, fibres ; trop de graisses cachées et de sucreUn compromis : de l’eau à la place du soda, et une salade à la place des frites (ou une petite portion). Ou un burger fait maison, où vous choisissez ce que vous mettez dedans

La junk food n’est pas interdite. Faite maison, elle ne devient pas pour autant un repas équilibré, mais vous voyez ce que vous mettez dedans, et vous gardez tout le plaisir. Prise ponctuellement, elle fait simplement partie des 20 % de plaisir de votre semaine.

Et quel que soit le repas, manger assis, sans écran et lentement aide à percevoir le moment où l’on est rassasié.

Et sur la journée ?

Une assiette parfaite ne suffit pas si les repas sont désordonnés. Quelques repères sur l’ensemble de la journée :

  • Des repas réguliers, à des heures à peu près fixes, pour éviter d’arriver affamé au repas suivant.
  • Un petit-déjeuner qui tient au corps, si vous avez faim le matin : une protéine, un féculent complet, un fruit.
  • Une collation si besoin, et non par habitude : un fruit et quelques amandes, un yaourt, ou une tartine de pain complet et un carré de chocolat.
  • Des produits sucrés et très transformés à leur juste place : ponctuellement, pour le plaisir, sans culpabilité, mais pas comme base des repas.

Pourquoi on n’y arrive pas toujours seul

Sur le papier, tout cela paraît simple. Dans la vraie vie, l’assiette dépend de mille choses : le temps, la fatigue, ce qu’il reste dans le frigo, les goûts de la famille, le déjeuner pris sur le pouce. Savoir ce qu’est une assiette équilibrée ne suffit pas toujours à la mettre en place tous les jours.

Et bien s’alimenter va bien au-delà de ces quatre grandes familles. Il y a tant à découvrir sur chaque aliment, sur la façon dont il est cultivé, préparé et associé, et sur la complexité de notre corps : la digestion, le microbiote, les hormones, la satiété, l’énergie au fil de la journée. C’est en apprenant ces petites choses, une à une, que l’on prend vraiment conscience de l’importance de manger équilibré et sainement pour sa santé, et que les bons choix deviennent naturels plutôt qu’imposés.

C’est là qu’une méthode progressive aide : rééquilibrer un repas après l’autre, un objectif par semaine, en partant de ce que vous mangez aujourd’hui. Pour savoir par où commencer, lisez rééquilibrage alimentaire : par où commencer quand on manque de temps, ou découvrez mon accompagnement en rééquilibrage alimentaire.